Les poissons

Le « Poisson Lune »

De la famille des Molidae, ce poisson, le môle, ou encore mola mola en latin, mesure jusqu’à 4 mètres pour 2 tonnes.
Une femelle peut produire environ 3 millions d’œufs par années. Quand les œufs éclosent, les larves sont minuscules (1.05 mm).
Le corps du môle est de forme discoïde, fortement et étonnament comprimé latéralement : il ressemble à une grosse galette. C’est le plus grand poisson osseux connu du monde. Il a une peau rugueuse mais sans écailles. Il a une petite bouche et ses dents forment un bec. Ses nageoires dorsales et anales sont fines, très reculées et hautes. La queue du poisson-lune est tout à fait courte et elle agit comme un gouvernail lorsqu’il nage. C’est le représentant local le plus courant de l’ordre des tetraodontiformes, mais malgré l’appellation de poisson lune, il n’a pas la faculté de se gonfler d’air ou d’eau comme le fait si bien le Diodon (poisson porc-épic) qui n’appartient pas à la même famille.
Le dos et les flancs sont gris à gris brun, tachetés par endroits et le ventre est blanchâtre. Les bébés poisson-lune peuvent paraître plus brillants que les adultes.
Cette espèce se nourrit d’algues, de méduses et d’autres petits animaux marins ayant le corps mou.
En plus de la Méditerranée, le môle vit aussi dans toutes les mers tropicales et tempérées entre la surface et 200 mètres de profondeur.
Entre le printemps et l’automne, le poisson-lune a l’habitude de se promener en laissant dépasser sa nageoire dorsale ou bien de se laisser dériver en flottant à plat, à la surface de l’eau, presque immobile, mais ce n’est pas signe qu’il est malade ou blessé, c’est comme s’il se reposait. La rencontre en plongée de grands spécimens est assez impressionnante.

Vous trouverez sur les liens suivants, de sublimes photos de mola-mola réalisés par Mike Johnson et Phillip Colla, aussi virtuoses photographes l’un que l’autre. Merci pour nos yeux. Merci à tous deux pour leur merveilleux travail.

La Saupe

La saupe, en latin sarpa salpa, de la famille des Sparidae, peut mesurer jusqu’à 35 cm.
Elle est d’abord hermaphrodite, puis sexuée. Elle se reproduit en avril-mai, puis en septembre-octobre.
Son corps est allongé, de hauteur moyenne et comprimé latéralement. La bouche est petite et renferme une dentition très saillante. L’œil est assez gros et proche de la bouche ; l’ensemble forme une tête relativement courte. Le dos est gris jaune à verdâtre avec des reflets or. Le corps est traversé par 10 à 12 lignes longitudinales jaune vif qui empiètent sur la tête et atteignent la caudale. Les nageoires sont grisâtres, l’œil est doré.
Les saupes vivent en bancs et tout près du bord. Elles fréquentent les herbiers et les fonds de roche où il y a toujours un peu de végétation. Elles y restent toute l’année (pas de migration) et ont une activité essentiellement diurne.
Leur mode de nutrition est à caractère principalement végétarien. Elles affectionnent l’algue verte de la zone superficielle et y prélèvent également quelques petits invertébrés qui viennent compléter leur équilibre alimentaire.

L’Oblade

L’oblade, en latin oblada melanura, de la famille des Sparidae, ne dépasse pas 30 cm.
Elle se reproduit d’avril à juin.
Son corps est allongé, moyennement haut et comprimé latéralement. L’œil est assez gros et la mâchoire, très protractile, renferme une fine dentition.
Comme chez la plupart des Sparidés, la peau argentée remonte sur la base des rayons souples de l’anale et de la dorsale.
Le dos est bleu gris et le corps entièrement gris argenté. Les flancs sont traversés de 14 à 18 lignes longitudinales grises assez fines et pas toujours nettes. Le pédoncule caudal est fin et couvert d’une large bande noire, bordée de chaque coté d’un argenté plus clair que celui du corps.
Les premiers rayons de l’anale sont légèrement orangés, de même que l’extrémité de la caudale. Les autres nageoires sont incolores ou grises. Chez les adultes, la pointe des opercules est noire.
Les oblades sont des poissons de pleine eau qui vivent en bancs entre la surface et à quelques mètres du fond. Les jeunes sont souvent associés à d’autres espèces comme les Bogues ou les castagnoles noires qui se tiennent aussi entre deux eaux au dessus de reliefs rocheux.
Les oblades sont omnivores mais ont un caractère essentiellement prédateur et chassent fréquemment en surface. Elles sont très voraces et ont des périodes d’activité diurnes et nocturnes. Les chasses ont plutôt lieu tôt le matin et en première partie de nuit où elles entrent souvent dans les ports pour y troubler le calme nocturne.

La Castagnole

La castagnole, en latin chromis chromis, encore appelée Demoiselle ou Hirondelle de mer, de la famille des Pomacentridae, atteint au maximum 12 cm.
La période de reproduction se situe de juin à août.
Son corps est haut et comprimé latéralement, commun avec les demoiselles des mers chaudes. Le museau est court et bombé. Devant l’œil assez gros, il n’y a qu’un seul trou nasal. La petite bouche est très protractile et renferme une fine dentition saillante.
Sur les flancs, les écailles cténoïdes sont relativement grosses et très visibles par leur coloration claire au centre et sombre en bordure.
Le corps est gris foncé à gris vert sur la tête. La démarcation claire des écaille est beige jaunâtre et forme 6 à 8 lignes longitudinales sur les flancs.
La dorsale et l’anale sont noires et bleutées, la caudale est noire aux extrémités et transparente au centre. Les pectorales et les ventrales sont incolores ou peu teintées.
Les jeunes castagnoles ont le corps bleu électrique et sont réunies en bancs durant la saison chaude autour des reliefs rocheux. A la fin de l’été, elles ont atteint 3 à 4 cm et prennent progressivement la coloration des adultes.
Les castagnoles sont des poissons diurnes qui vivent en bancs au dessus de fonds rocheux ou mixtes. Les individus solitaires que l’on observe dans la roche sont le plus souvent des mâles qui préparent un lieu de ponte ou qui la surveillent en ventilant et protégeant les œufs.
Leur nourriture est essentiellement composée de zooplancton. En saison froide, les bancs s’éloignent du bord pour descendre à des profondeurs où la température ne descend pas au dessous de 12.5-13°C. Rares sont les individus qui subsistent dans les hauts fonds rocheux.

Les Girelles

Les girelles, en latin coris julis, sont de la famille des Labridae. Les femelles mesurent jusqu’à 16 cm et les mâles 20 cm.
Cette espèce est un hermaphrodisme successif, c’est à dire qu’elle commence sa vie en tant que femelle et devient mâle par la suite. Les girelles se reprosuisent de janvier à juin.
Son corps est affiné et long, de section ovalaire et comprimé latéralement. Le museau se termine par une petite bouche qui renferme une fine dentition saillante.
La ligne latérale est très haute et peu visible. La peau, très lisse, est couverte d’un épais mucus qui la rend visqueuse. Les opercules sont crénelés.
Pour la femelle, le dos est brun foncé, le haut des flancs est brun plus clair. A mi-flancs se trouve une frise blanche superposée à une bande jaune ou orangée. Son ventre est blanc. Une petite tâche d’un bleu irisé orne la pointe des opercules. Les nageoires paires sont incolores, impaires rougeâtres.
Quant au mâle, son dos et ses haut-flancs sont bruns ou bruns verts. Sur chaque flanc, une frise longitudinale orange est bordée de vert ou de bleu. On observer une longue marque noire en arrière des opercules. La crête dorsale, (partie antérieure surélevée) est colorée de noir, de rouge, de blanc et parfois bleutée. Les nageoires impaires sont aussi très colorées.
Cette description peut varier chez les mâles suivant l’habitat et la période de l’année. En période d’accouplement, les couleurs s’intensifient et des teintes inhabituelles peuvent s’ajouter à leur éclat naturel.
Les girelles sont les Labridés les plus répandus de la côte méditerranéenne. Elles abondent dans tous les fonds rocheux ainsi que dans les herbiers, mais leur concentration atteint son maximum autour des fonds mixtes comme nous en trouvons dans la plupart de nos calanques. Les girelles ont la particularité de s’enfouir dans le sol dès le coucher du soleil pour passer tranquillement leur nuit à l’abri des prédateurs. Pour cela, il faut que la nature du fond s’y prête, qu’il ait des zones sablonneuses ou couvertes d’une couche de gravillons, de débris de coquillage ou de sédiment.
Le changement de sexe des girelles n’est pas franchement lié à l’âge de l’individu. Il s’agit plutôt d’un caractère de domination au sein d’un groupe de girelles et la transformation de femelle à mâle se fait s’il n’y a pas d’autre mâle, qui soit bien sûr, dominant. J’en ai fait l’expérience dans mon aquarium où il y avait un représentant de chaque sexe. Lorsque le mâle est mort de vieillesse, en l’espace de deux mois, la femelle est progressivement devenue mâle en changeant de coloration, mais aussi en doublant pratiquement le volume de son corps au cours des deux mois suivants.
Pendant cette phase de mutation les girelles semblent très affaiblies, elles perdent de leur vivacité, se montrent peu et peuvent même rester enfouies plusieurs jours. Elles se nourrissent moins, voir pas du tout, et leur peau perd de son éclat.
La phase terminée, le nouveau mâle retrouve toute son énergie et ne tarde pas à montrer qu’il est digne de respect, non seulement de la part des femelles, mais aussi des autres espèces présentes sur son territoire.
En aquarium, les girelles peuvent vivre jusqu’à 9 à 10 ans.

La Rascasse Rouge

La rascasse rouge (corpaena scrofa), appelée aussi Chapon, est de la famille des Scorpaenidae. Elle mesure au plus 40 cm.
Elle se reproduit de mai à août et peut pondre jusqu’à 200 000 œufs.
Son corps est massif dans sa partie antérieure, en prolongement d’une tête très volumineuse. Des lambeaux cutanés, très caractéristiques à cette espèce, sont assez nombreux sous la mâchoire inférieure et quelques autres bordent la lèvre supérieure.
Les yeux, proéminents, sont surmontés de deux tentacules charnus, plus gros, mais similaires aux excroissances qui entourent la bouche.
Chaque opercule porte deux fortes épines venimeuses et cinq pour les préopercules.
Le dos et les flancs sont rouge orangé avec de grosses plaques de différents tons, entre brun et gris vert, qui forment de larges bandes transversales. Elles s’estompent sur les bas flancs et le ventre qui sont rouge à orange vif.
Les nageoires sont bariolées de brun rouge, d’orange et de noir. Les ventrales et les pectorales sont plus vives.
Les rascasses rouges vivent dans la roche sur laquelle elles restent la plupart du temps immobiles et confondues grâce à leur aptitude au mimétisme. Elles sont toujours attentives à ce qui se passe autour d’elles et sont toujours prêtes à saisir une proie qui sans s’en apercevoir, passera trop près de leur grande bouche. Elles ont des périodes d’activité diurnes avec peu de déplacements, elles sont par contre plus actives la nuit pendant laquelle elles absorbent l’essentiel de leur nourriture.

La Rascasse Grise

La rascasse grise ou brune (scorpaena porcus), encore appelée Crapaud de mer, est aussi de la famille des Scorpaenidae. Elle est plus petite que la rascasse rouge et atteint 30 cm.
Elle se reproduit de mai à septembre et peut aussi pondre jusqu’à 200 000 œufs.
Ses caractéristiques sont très proches de celle du Chapon (rascasse rouge). Les lambeaux cutanés sont absents autour de la mâchoire, mais restent présents sur le haut des flancs et le dos. Ils sont alignés longitudinalement.
Des tentacules branchus surmontent les arcades orbitaires protubérantes.
Le corps est grisâtre avec des plaques brunes parsemées. Les nageoires portent des stries radiales alternées claires et brunes. La mâchoire inférieure est rougeâtre, sans éclat vif.
La rascasse grise vit aussi dans la roche, mais s’aventure parfois sur le sable ou le sédiment. Les rascasses sont aussi présentes dans les ports. Le minimum dont elles ont besoin est de pouvoir se réfugier dans une cavité, qu’elle soit rocheuse (ce qui est le plus courant) ou d’autre nature. La Rouge et la Brune sont les espèces les plus courantes en bordure côtière.    

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