Guide « Ornithocétusien »

Ils sont partout présents en Méditerranée, du littoral au grand large, et chaque stage est l’occasion de découvrir aussi les espèces aériennes du milieu marin : à déguster entre deux rencontres de cétacés !

Bien que les stages d’observation pratique soient, comme de coutume centrés, sur les dauphins et les baleines, ils nous permettent également de découvrir d’autres acteurs importants du milieu marin : les oiseaux de mer !

Comme les cétacés, les oiseaux marins sont au sommet de la pyramide alimentaire (ils sont d’ailleurs souvent observés se nourrissant les uns avec les autres) et reflètent la santé de l’environnement méditerranéen. Les premiers oiseaux que nous rencontrons sont sans doute les goélands (Larus) et les mouettes rieuses (Larus ridibundus), les « éboueurs des ports ». D’autres oiseaux côtiers pourront peut-être se montrer le long du littoral : la gracieuse sterne pierregarin (Sterna hirundo), le grand cormoran (Phalacrocorax carbo) ou le cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis).

Mais les véritables vedettes du stage sont les puffins, petits cousins des albatros (Diomedea) des mers du Sud, et champions comme eux de la haute mer. Deux espèces se croisent en Méditerranée : le puffin cendré (Colonectris diomedea), le plus grand et le plus courant, et le puffin yelkouan (Puffinus yelkouan), plus petit, plus foncé et plus agile. Tous deux nichent sur des falaises ouvertes sur la mer, comme sur les côtes sud des îles d’Hyères, et certaines nuits au mouillage y sont l’occasion d’un concert étrange, que ces oiseaux interprètent à chaque retour – nocturne – au nid.

A propos des mouillages, mentionnons également la présence sur les îles du hibou petit duc (Otus scops), qui n’est pas un oiseau marin, mais dont le sifflement bref et régulier, qui rythme les nuits à l’ancre, ne manque pas d’intriguer les nouveaux stagiaires.

A part ces espèces typiques, les surprises sont toujours possibles : pendant la saison 1994, nous avons identifié 10 espèces, dont le fou de bassan (Sula bassana), le plus grand oiseau de mer d’Europe ! Mais le scoop, chaque année, reste l’observation répétée et très localisée du petit clown des oiseaux marins, le macareux moine (Fratercula arctica), dont la présence estivale en Méditerranée nord occidentale est très rarement signalée…

L’observation du ciel et de ses habitants est une manière agréable et instructive d’occuper son temps entre deux rencontres ; sans compter que l’observation des oiseaux permet de maintenir l’attention nécessaire au repérage des dauphins et baleines…

La liste commentée qui va suivre n’a pas de prétention exhaustive et elle ne représente pas non plus un guide ornithologique détaillé. Elle se base sur les observations effectuées par des Cétonautes depuis les tous premiers stages, et en particulier sur les notes de terrain de Pierre (1997) et Clara (1994, 1996, 1997).

Nous avons cru bon d’établir une distinction entre les espèces prurement marines, les espèces aquatiques visibles en bord de mer au moins pendant une partie de l’année et les espèces terrestres. Cette distinction est essentiellement pratique et n’est donc pas absolue. C’est ainsi que les martinets, oiseaux strictement terrestres, peuvent être observés parfois en pleine mer. Tout comme les guifettes, petites sternes nichant sur nos eaux douces…

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