Stage MAHATMA du 17 au 23 juillet 2001 sur Tyro

Troisième stage et je ne me lasse toujours pas de vous dire merci, bravo, je vous aime et j’aime ce que vous faites passer aux stagiaires. Cette année encore je me suis éclatée, j’ai passé de supers moments à bord de Tyro, ce bateau que j’ai la chance de retrouver tous les ans ! Je vais d’ailleurs bientôt finir par m’y croire chez moi…

Beaucoup de choses me plaisent sur ces stages. Notamment le fait que les relations amicales que nous créons en mer ont, à mes yeux plus de valeur que l’amitié que je qualifierais de “terrestre”… C’est peut-être lié au fait que certaines facettes de ma personnalité, que les personnes me côtoyant tout au long de l’année ne connaissent pas, se dévoilent. Après une semaine de navigation, j’ai l’impression de connaître les gens depuis plusieurs années. J’ai beaucoup appris sur moi-même au cours de ces trois dernières années.

Mon heure est maintenant venue de transmettre cette ambiance, ces moments inoubliables que j’ai vécus sur Tyro ; et faire en sorte que de nombreux stagiaires puissent encore vivre de tels instants. C’est avec un immense plaisir que je le ferai même si je suis consciente qu’il y a des inconvénients à passer de l’autre côté de la barrière…

En ce qui concerne mon stage de cet été, j’ai trouvé qu’il y avait de petites tensions entre plusieurs personnes. Cela a entamé la cohésion du groupe et c’est dommage. Je pense qu’il faut savoir faire la part des choses, et tout faire, soi-même, pour que le stage se passe bien, car une telle semaine est précieuse pour tout le monde ! Mais, je vous rassure, ces petites choses ne remettent pas du tout en cause le fait que j’aie vécu un merveilleux stage…

RESUME DES MOMENTS CLES

Troisième jour :
La météo est “pourrie” donc nous partons tard, nous avons peu de chance de faire des rencontres : les nuages sont bas, le vent souffle fort, ça moutonne. Mais je veux garder espoir, car le compteur des observations est toujours à 0 ! Bilan : un Mola-mola est passé près du bateau et un fou de Bassan est venu planer près de nous mais malheureusement toujours pas de cétacé à l’horizon… Puis le temps s’est gâté : nous nous sommes pris un déluge sur la tête pendant tout l’après-midi ! ! Seuls Fred, Cilou et moi pouvons rester sur le pont car nous sommes équipés de vestes de quart. C’était trippant, hein Cilou ?? On se prenait d’énormes quantités de flotte sur la tête, mais on était bien, tranquilles à discuter ! Mais bon, au bout d’un certain temps, on commençait à cailler ! ! Heureusement on arrive au mouillage et la pluie cesse. Cilou va tâter l’eau : elle est chaude. Que faisons-nous d’après vous ?? Eh bien… nous plongeons rejoindre Datcha et ses occupants, qui, arrivés avant nous au mouillage, nous a gentiment préparé le café. Sympathique journée, non ??…

Cinquième jour :
Première rencontre ! ! Enfin c’est la libération… merci Hugo ! Ce sont des petits amis ! ! Juliette qui était à la limite de la déprime se réveille. L’atmosphère se détend et c’est tant mieux parce que ces deux là seraient devenus invivables… :o)
Le soir même, nous nous sommes réunis sur Datcha avec au programme : rhum, guitare, blagues et compagnie ! La mer est d’huile. Je réussis à convaincre Mélanie, stagiaire sur Datcha, de venir se baigner avec moi. Il est minuit, c’est le moment ou jamais. Ce fût un pur régal. Faire la planche et se laisser porter en regardant le ciel étoilé… C’est le pied ! ! La liberté à l’état pur ! Moment d’éternité où tu ne penses à rien, mis à part que tu as une chance inouïe de pouvoir vivre de tels instants.

Sixième jour :
Une rencontre de stenellas, inoubliable : ils sont restés très longtemps avec nous. Aude et moi allons les rejoindre à la nage. Si vous saviez comme l’eau était gelée… Très lentement, nous essayons de nous approcher. Je les vois sauter hors de l’eau, mais je n’arrive pas à les distinguer sous l’eau. Nous remontons à bord pour nous rapprocher. Fred décide de lancer la traîne. Environ dix dauphins nagent autour de nous. L’un d’eux décide de venir prendre sa respiration à nos côtés. Dans une telle situation, je ne crois pas qu’on puisse dire qu’il y a un observateur et un observé. Nous sommes tout simplement deux espèces, curieuses du monde qui nous entoure. Je ne pensais plus à sortir respirer. J’étais en totale admiration. Je ne peux pas trouver de mots pour qualifier ce que j’ai ressenti. Quoi que je dise, ça paraîtrait banal. Je préfère me taire et vous laisser méditer…
En fin d’après-midi, rencontre avec un cachalot qui n’a apparemment aucune crainte des bateaux. Ou bien, autre possibilité : il a été réceptif aux ondes positives émises par les Cetusiens… En tout cas, tout le bonheur était pour nous ! Quoi que… je n’en sais rien, je n’ai pas été lui demander s’il était heureux d’approcher de tels énergumènes… Nous nous sommes positionnés, un bateau de chaque côté de ce majestueux animal afin d’avoir tout le loisir de l’admirer. Imperturbable, il continue à souffler puis sonde. C’était impressionnant parce que nous étions très proches. Nous avons pu distinguer toutes ses formes en détail, notamment les petites bosses situées entre sa dorsale et sa caudale ! Cette dernière n’était d’ailleurs pas très grande. Nous en avons donc déduit que c’était un jeune !

Dernière nuit à bord de Tyro :
Nuit en mer… Cela fait trois ans que j’attends de vivre une pareille expérience alors vous pensez bien que je suis plus qu’impatiente…
Le soleil se couche, nous dînons, le moteur est stoppé. A la surprise générale, un dauphin, seul, crève la surface près de nous. Il rode autour du bateau pendant quelques instants puis disparaît. Cela m’a vraiment paru irréel. J’ai pris conscience, plus que jamais, que ce sont eux qui prennent l’initiative de la rencontre et même si nous pensons mettre toutes nos chances de notre côté, ils gardent un droit de regard et prennent la décision finale. L’océan leur appartient et nous nous devons de les respecter ainsi que leur habitat.
23h : Juliette, Adam, Hugo, Aude et Jean-Christophe prennent le premier quart de veille. Les autres se préparent à se coucher parce que la nuit va être courte ! Il est à peu près 23h20, je viens de m’allonger quand j’entends un souffle. Vite, je me précipite dehors. Nous entendons plusieurs autres souffles puis… plus rien. Nous n’avons rien vu, juste entendu. Rencontre très mystique. Je crois rêver. C’est fabuleux. Je peux retourner me coucher, enchantée… Je vous jure ce n’était pas un rêve, demandez à Jean-Christophe, je lui ai fait peur en surgissant sur le pont ! !
2h : C’est à mon tour de veiller avec Adèle et Florence. Je monte, Fred est dans le cockpit, inquiet car la brume est tombée. Il n’y a plus une étoile visible, on ne voit rien ou plus précisément on ne peut rien voir à plus de 10 m du bateau. Cela nécessite une vigilance de tous les instants. On se croirait transporté dans un monde fantastique ! Tyro, le bateau fantôme… La brume vient caresser le haut des mâts. Nous percevons un bruit de moteur très très lointain. Il faut nous assurer qu’il ne vient pas dans notre direction en se fiant uniquement au bruit. Silence à bord. Fred regarde de temps en temps sur le compas si Tyro ne change pas d’orientation. Le bruit se rapproche. C’est flippant ! Il passera finalement tout près de nous sans que nous ne l’ayons jamais vu. Les vagues qu’il a engendrées heurtent notre coque quelques instants plus tard. Ouf ! !
Sinon, seuls des “splouchs” de poissons qui sautent, viendront briser le silence de la nuit.
5h : mon quart est fini mais je n’ai aucune envie d’aller me coucher. C’était vraiment extraordinaire. Mais il faut bien laisser la place aux suivants…
8h : Il est temps de se lever pour profiter de ce dernier jour. Le quart de Fred et Cilou se termine alors qu’une épaisse brume nous envahit encore. Nous venons de retrouver Datcha. Après un petit déjeuner rapide, je vais me poster à la delphinière afin de prévenir l’arrivée d’un éventuel bateau car nous avons repris la direction de la Ciotat. Fred s’occupe de l’accompagnement musical : corne de brume, klaxon… Il a un talent fou !!! Tout à coup, il me semble apercevoir un souffle oblique dans la brume. Puis une masse sombre. C’est sûr, c’est un cachalot. Je l’annonce à Fred, qui, me faisant confiance change de cap. Je continue à observer. “Là, droit devant, je l’ai vu souffler !” Je l’ai vu souffler plusieurs fois puis nous l’avons perdu. Mais personne d’autre ne l’a distingué dans la brume. Mis à part Sylvie qui pense l’avoir vu soufflé une fois. Certains diront que j’ai halluciné, mais cela n’a pas d’importance, pour moi il était bien réel, j’en suis convaincue. Et croyez-moi, ça me fait encore des frissons quand j’y repense…
Merci Fred d’avoir bien voulu prendre sur ton sommeil pour nous donner la possibilité de faire cette nuit en mer.

Même si ce stage ne fut pas très riche dans la diversité des cétacés rencontrés, certaines rencontres furent intenses. Finalement ce n’est pas la quantité mais la qualité des interactions qui est importante à mes yeux. J’ai vécu d’excellents moments, inoubliables à bord de ce bateau, et j’ai pu connaître des gens formidables parmi les stagiaires et l’équipage.

Promis Fred, la prochaine fois, je ferai plus attention à tous mes faits et gestes !!…
Merci et à l’année prochaine pour les nouvelles aventures de “Tiphaine sur un bateau”!!…
Tiphaine

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